La question, l’universel ; des réponses, un progrès

Nos affaires concernant le questionnement et l’universel ne sont décidément pas simples.

Je vous indiquais dans mes premiers billets que ma conception de l’absolu passait nécessairement par le questionnement, qu’il s’agissait là de la seule « vérité » possible partagée par tous. Un absolu purement interrogatif : dès qu’une tentative de réponse est apportée, elle en exclut de facto d’autres ; dès que la proposition A est considérée comme vrai, c’est que non-A en devient faux. A et non-A auront pourtant toujours leurs adeptes, nous y reviendrons prochainement. Les réponses érigées en tant que vérités ne sont donc ni partagées par tous, ni ne demeurent dans le temps, a contrario du questionnement originel qu’on peut tout au plus ignorer, en aucun cas réfuter. A la question, au hasard, de savoir si Dieu existe, chacun possède sa propre conviction et les réponses, bien loin même d’être binaires, sont multiples et diverses. Seule la question initiale est partagée. Et c’est à cela que j’ai envie de consacrer mes articles. Le lieu du questionnement, Sans Echo.

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La question, moteur de l’intérêt (2/2)

L’œuvre peut certes continuer à exister sans le que va-t-il se passer :

« Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu’elle va mourir, qu’elle est jeune et qu’elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n’y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… » – Antigone, Anouilh.

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La question, moteur de l’intérêt (1/2)

J’ai tout de même le sentiment, avec ma petite affaire du questionnement, de toucher à l’un des ressorts de l’humanité, dépassant la philosophico-tartine que je vous ai étalée sur l’universel.

Tout type d’intérêt, artistique, scientifique, culturel, esthétique… n’est-il finalement pas lié à une interrogation, à quelque chose à découvrir ? De manière évidente et monomaniaque, le genre policier repose sur un socle unique, exploité encore et encore. Qui est l’assassin ? Au-delà de ce genre spécifique, le travail de fiction repose nécessairement sur l’intérêt des lecteurs pour le développement des personnages, d’une histoire : partant d’une ou de multiples situations pour s’acheminer vers une résolution. L’intérêt est donc naturellement porté par ce questionnement. Qui a tué Laura Palmer ? Comment et avec qui Scarlett trouvera-t-elle le bonheur ? Qui triomphera de l’Empire ou de l’Alliance rebelle ? Pourquoi est-il aussi méchant ? Lorsque se sont fait entendre les réponses, lorsqu’il n’y a plus d’énigme, il n’y a tout simplement plus d’histoire car tout a été dit.

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