Que vous dire ?

J’ai toujours redouté l’instant où je me retrouverais dans une incapacité totale à dire quoi que ce soit.

Je n’ai jamais été bien prolixe, trouvant facilement abêtissantes les platitudes que mes congénères ont le don d’échanger à longueur de journée. J’avoue ainsi n’avoir jamais saisi l’intérêt de raconter par le menu détail mes migrations pendulaires, ni celui de discourir sur les variations météorologiques du moment ni encore d’expliciter mon emploi du temps entre le fer à repasser, l’assiette de coquillettes-jambon, la cuvette du trône et les collègues demeurés. Chers lecteurs, nous ne nous connaissons pas : ma vie est chiatique, la vôtre certainement aussi. Nul besoin de nous les étaler. Tenons-nous en à cela et préservons ainsi notre fragile cordialité.

Lire plus