Prendre la parole et rallier

Un mois à peine après avoir relancé Sans Echo, j’hésite et oscille. Entre commentaires d’actualité, journal intime, réflexions diverses, une quelconque cohérence peut-elle se dégager? Est-ce bien important, une cohérence ? J’ai toujours du mal à percevoir vers où tout cela se dirige.

Une grosse partie de ce que je vous écris aujourd’hui, je l’ai rédigé en février 2015, alors que Sans Echo existait depuis deux mois environ. Découragé à l’époque par l’appréhension de ne rien avoir à dire, je n’ai plus rien publié pendant près de deux ans et ce papier est tombé dans l’oubli. Mêmes causes, mêmes effets. Un mois après le revival donc, l’angoisse ne s’est pas faite plus légère, le sens pas plus évident.

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La question, l’universel ; des réponses, un progrès

Nos affaires concernant le questionnement et l’universel ne sont décidément pas simples.

Je vous indiquais dans mes premiers billets que ma conception de l’absolu passait nécessairement par le questionnement, qu’il s’agissait là de la seule « vérité » possible partagée par tous. Un absolu purement interrogatif : dès qu’une tentative de réponse est apportée, elle en exclut de facto d’autres ; dès que la proposition A est considérée comme vrai, c’est que non-A en devient faux. A et non-A auront pourtant toujours leurs adeptes, nous y reviendrons prochainement. Les réponses érigées en tant que vérités ne sont donc ni partagées par tous, ni ne demeurent dans le temps, a contrario du questionnement originel qu’on peut tout au plus ignorer, en aucun cas réfuter. A la question, au hasard, de savoir si Dieu existe, chacun possède sa propre conviction et les réponses, bien loin même d’être binaires, sont multiples et diverses. Seule la question initiale est partagée. Et c’est à cela que j’ai envie de consacrer mes articles. Le lieu du questionnement, Sans Echo.

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La question, moteur de l’intérêt (2/2)

L’œuvre peut certes continuer à exister sans le que va-t-il se passer :

« Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu’elle va mourir, qu’elle est jeune et qu’elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n’y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… » – Antigone, Anouilh.

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La question, moteur de l’intérêt (1/2)

J’ai tout de même le sentiment, avec ma petite affaire du questionnement, de toucher à l’un des ressorts de l’humanité, dépassant la philosophico-tartine que je vous ai étalée sur l’universel.

Tout type d’intérêt, artistique, scientifique, culturel, esthétique… n’est-il finalement pas lié à une interrogation, à quelque chose à découvrir ? De manière évidente et monomaniaque, le genre policier repose sur un socle unique, exploité encore et encore. Qui est l’assassin ? Au-delà de ce genre spécifique, le travail de fiction repose nécessairement sur l’intérêt des lecteurs pour le développement des personnages, d’une histoire : partant d’une ou de multiples situations pour s’acheminer vers une résolution. L’intérêt est donc naturellement porté par ce questionnement. Qui a tué Laura Palmer ? Comment et avec qui Scarlett trouvera-t-elle le bonheur ? Qui triomphera de l’Empire ou de l’Alliance rebelle ? Pourquoi est-il aussi méchant ? Lorsque se sont fait entendre les réponses, lorsqu’il n’y a plus d’énigme, il n’y a tout simplement plus d’histoire car tout a été dit.

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La question, l’universel (2/2)

Loin de moi l’idée de rabaisser toute tentative d’apporter une résolution. Ma conviction est cependant qu’une vérité ne tient que parce qu’elle apporte une nouvelle conception, un autre point de vue, et participe ainsi d’élargir le champ de l’interrogation. Chaque réponse porte en elle un élément d’universel, en cela qu’elle étoffe le questionnement et donne l’occasion de trouver, à sa suite, de nouvelles tentatives de vérité et donc de perpétuer un apprentissage constant. Il ne s’agit pas de dénigrer lesdites propositions de résolution : quelle valeur aurait un « Dieu existe-t-il ? » sans l’ensemble des conceptions positives, négatives ou incertaines, sans l’ensemble des représentations, des religions, des fidèles, des actes de foi ? Assurément aucune : la question n’a de valeur que par la multiplicité des visions qu’elle génère et par la ferveur de celles et ceux qui s’y projettent.

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La question, l’universel (1/2)

Je suis, comme vous le savez, quelque peu taraudé par ce qui mérite d’être dit.

Quoi de mieux pour commencer à parler que d’attaquer par l’universel, ce qui a toujours été partagé par tous et le sera indéfiniment ?

Pas de velléité assommante de ne parler que de « grandes choses » : pour quelqu’un qui n’a rien à dire, je me sens simplement plus à l’aise de commencer par ce qui trouvera un écho en chacun. Tout monomaniaque a son dada et voici donc celui que je me suis inventé. J’aurais également pu disserter sur la meilleure méthode pour zigouiller des gamines dans les parkings ou encore sur le bon dosage de Marsala dans le tiramisu. N’appréciant ni le sirupeux des desserts alcoolisés ni le babillage de quelque moutard que ce soit, je vote pour la prise de tête sur l’universel, tant pis pour les Dutroux et soiffards de supermarché parmi vous. On lit le psychopathe qu’on mérite.

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