Le bonheur, et alors ? (1/3)

La présente époque est celle du bonheur arlésien : on n’en a jamais autant parlé et peut-être n’en a-t-on jamais été si loin. En parler, cela semble bien normal. Dans les sociétés occidentales les obstacles matériels à l’apaisement sont ainsi assez largement tombés : nourriture disponible pour presque tous, temps de guerre révolus, niveau de vie en moyenne satisfaisant. Les sujets de réflexion, de croyance se sont par ailleurs en partie envolés : effondrement des idéologies, baisse de l’influence des religions, perte de confiance dans le politique.

Au cœur d’une mouvance d’accroissement du temps disponible liée à la fois à un allégement des contraintes ainsi qu’à une relâche de l’investissement intellectuel, il faut bien meubler. Alors on parle de l’individu, de sa satisfaction, de son bonheur : pourrait-il y avoir meilleur contexte pour s’intéresser à tout cela ? On s’en fait incessamment rabâcher les oreilles, même les soûlards à la petite semaine se sentent investis de la mission de permettre à l’humanité d’y accéder. Will Smith en fait un film, Matt Pokora en fait un album. J’ai paradoxalement le sentiment que le compte n’y est pas : ce bonheur, en parlerait-on sans en voir la couleur ? Ce constat est partiellement vérifié par les données récoltées sur la World Database Of Happiness. Je vous en parlerai plus ultérieurement mais en consultant le rapport restituant la vision la plus extensive des quarante dernières années, le gain de bonheur ressenti ne semble pas flagrant pour l’ensemble des pays qui réunissent pourtant les ingrédients qu’on aurait cru nécessaires : croissance économique, paix etc.

La suite…

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