Anna

Les bons jours, on l’appelait sobrement « la machine ». Efficace mais froide, fiable mais distante. On ne lui connaissait ni ami ni affinité particulière.

Comme on aurait été surpris si on l’avait rencontrée quelques années auparavant. Une douceur rayonnante. Le destin étant parfois farceur, sa vie fut massacrée ; cela arrive, là-bas.

Elle lutta des mois durant pour s’extirper du monde apathique où elle avait été plongée ; elle sut revenir, différente. Rongée de son affliction mais forte de sa détermination, elle s’enfuit.

Une bonne comédie sait jouer de la répétition. Elle le découvrit encore chaud, gisant sur une chaise carmin. Sa personnalité s’effondra, définitivement cette fois, emportant avec elle sa sanité.

L’écho de son cri de louve a longtemps résonné rue Alibert.

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